La chirurgie esthétique du sein a beaucoup évolué ces dernières années. À côté des implants mammaires, qui restent une solution largement utilisée pour augmenter le volume de la poitrine, des techniques faisant appel aux propres tissus de la patiente se sont développées. Elles répondent notamment à une recherche de résultat naturel, aussi bien au toucher que dans l’apparence générale de la silhouette.
Le lipofilling, une technique basée sur la graisse autologue
Le lipofilling mammaire consiste à prélever de la graisse dans certaines zones du corps afin de la réinjecter au niveau de la poitrine. Le principe repose donc sur l’utilisation de graisse autologue, c’est-à-dire provenant de la patiente elle-même. Cette approche permet d’augmenter modérément le volume des seins ou d’en améliorer la forme sans avoir recours à un implant.
La première étape consiste généralement à prélever la graisse par lipoaspiration. Les zones concernées peuvent être, selon la morphologie, l’abdomen, les hanches, les cuisses ou encore la culotte de cheval. La graisse recueillie est ensuite préparée afin de conserver les cellules graisseuses pouvant être réinjectées.
Le chirurgien procède alors à de multiples injections de petites quantités de graisse dans différentes zones du sein. Cette répartition est importante pour favoriser l’intégration des cellules graisseuses dans les tissus et obtenir un résultat aussi homogène que possible.
Un double intérêt esthétique
L’un des intérêts du lipofilling est qu’il agit sur deux zones du corps au cours de la même intervention. Le prélèvement de graisse permet de remodeler certaines parties de la silhouette tandis que sa réinjection apporte du volume à la poitrine.
Cette technique peut ainsi convenir à des femmes recherchant une augmentation mammaire relativement discrète. Elle peut également être envisagée pour corriger certaines asymétries ou restaurer une partie du volume perdu après une variation de poids, une grossesse ou avec le vieillissement.
L’absence d’implant constitue une autre caractéristique importante. Puisque le volume ajouté provient de la patiente, le sein conserve généralement une consistance naturelle. Les incisions nécessaires à la réinjection sont par ailleurs très petites, ce qui limite les cicatrices visibles.
Quelles sont les limites de cette intervention ?
Le lipofilling ne répond cependant pas à toutes les situations. Pour pouvoir prélever suffisamment de graisse, la patiente doit disposer de réserves graisseuses adaptées. Chez une personne très mince, les possibilités peuvent donc être plus limitées.
L’augmentation obtenue reste également modérée par rapport à celle que permettent certaines prothèses mammaires. Une partie de la graisse injectée est naturellement résorbée par l’organisme dans les mois suivant l’intervention. Le volume définitif ne peut donc être apprécié qu’après une période de stabilisation.
Dans certains cas, une deuxième intervention peut être proposée afin de compléter le résultat. Le projet doit ainsi être défini individuellement en fonction de la morphologie, du volume souhaité et de la quantité de graisse disponible.
Une intervention qui nécessite une véritable évaluation médicale
Même si elle utilise les propres tissus de la patiente, cette technique reste une intervention chirurgicale. Elle nécessite une consultation préalable avec un chirurgien qualifié afin d’évaluer les indications, les éventuelles contre-indications et les attentes de la patiente.
Comme toute chirurgie, le lipofilling comporte des risques et des suites opératoires possibles : œdèmes, ecchymoses, douleurs transitoires, infection ou irrégularités font notamment partie des éléments qui doivent être abordés avant l’opération. Un suivi médical est également nécessaire après l’intervention.
Le bilan préopératoire permet par ailleurs au praticien d’étudier la poitrine, la qualité de la peau et les zones susceptibles de fournir la graisse nécessaire. Cette étape est essentielle pour déterminer si la technique est réellement adaptée.
Privilégier un résultat cohérent avec la silhouette
L’intérêt du lipofilling mammaire réside finalement moins dans la recherche d’une transformation importante que dans celle d’un résultat harmonieux. L’utilisation de graisse autologue permet de travailler progressivement les volumes tout en tenant compte de la morphologie générale.
Pour les patientes qui disposent d’une quantité de graisse suffisante et souhaitent une augmentation raisonnable de leur poitrine sans implant, cette approche peut donc constituer une option intéressante. Le choix de la technique doit néanmoins toujours être réalisé après une évaluation personnalisée et une information complète sur les bénéfices, les limites et les risques de l’intervention.

